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310 journalistes tués depuis 2022 : la liberté d’informer sous pression mondiale

Un rapport de l’UNESCO révèle une hausse préoccupante des violences contre les journalistes depuis 2022, alimentée par les conflits armés, le crime organisé et une impunité persistante.

Au moins 310 journalistes ont été tués dans le monde entre janvier 2022 et décembre 2025, selon un rapport de l’UNESCO couvrant la période 2022-2025. La majorité des victimes travaillaient dans des zones de guerre ou enquêtaient sur des dossiers sensibles, illustrant une dégradation marquée des conditions d’exercice du journalisme à l’échelle internationale.


L’UNESCO constate une accélération du phénomène. En 2022, 86 assassinats de journalistes ont été recensés, soit une hausse d’environ 50 % par rapport à l’année précédente. La situation ne s’est pas améliorée par la suite, culminant en 2025 avec 93 journalistes tués, le niveau annuel le plus élevé depuis 2018.


Les zones de conflit concentrent l’essentiel des décès. Près de 60 % des journalistes tués sur la période — soit 186 victimes — ont perdu la vie alors qu’ils couvraient des affrontements armés. Cela représente une augmentation de près de 67 % par rapport au cycle de quatre ans précédent, confirmant que la guerre redevient le principal facteur de mortalité professionnelle.


Les violences ne se limitent toutefois pas aux champs de bataille. Environ 40 % des victimes ont été ciblées hors conflit, en raison notamment d’enquêtes sur le crime organisé, la corruption ou les atteintes à l’environnement — des sujets particulièrement sensibles en Amérique latine et dans les Caraïbes, notamment au Mexique et en Haïti.


L’impunité reste un moteur central. Près de 85 % des assassinats de journalistes perpétrés depuis 2006 n’auraient toujours pas été élucidés. Si ce taux recule légèrement par rapport aux 89 % relevés en 2018, l’UNESCO juge cette amélioration insuffisante pour enrayer les attaques.


Le rapport met également en lumière la situation spécifique des femmes journalistes. Leur proportion parmi les victimes a atteint en 2025 son plus haut niveau depuis sept ans. En parallèle, environ 75 % d’entre elles déclarent avoir subi des menaces ou harcèlements en ligne liés à leur travail, un phénomène désormais associé à une hausse estimée à 63 % de l’autocensure dans la profession depuis 2012.


Dans ce contexte, l’UNESCO alerte sur un recul global de la liberté d’expression, dont l’indice mondial aurait chuté de 10 % sur la dernière décennie. L’organisation exhorte les États à renforcer les mécanismes de protection et à garantir des poursuites effectives, rappelant que la sécurité des journalistes demeure une condition essentielle au droit du public à l’information.


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