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Éducation nationale : Le MENFP dénonce un accord d’intégration automatique des diplômés de l’ENS

Face à l’impossibilité juridique, budgétaire et structurelle d’honorer un engagement signé il y a treize ans, le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) a dénoncé, ce mercredi 4 mars 2026, le protocole d’accord conclu le 2 mai 2013 avec l’École normale supérieure (ENS).Ce texte prévoyait l’intégration automatique des diplômés de l’ENS dans la fonction publique, une disposition que le ministère estime aujourd’hui caduque et contraire aux principes de gestion des ressources humaines de l’État.

À l’origine de cette décision, une requête du rectorat de l’Université d’État d’Haïti (UEH). En date du 6 août 2025, le Vice-Recteur aux Affaires Académiques, Predner DUVIVIER, avait sollicité du MENFP l’application de l’accord de 2013, qui garantissait aux diplômés de l’ENS un recrutement direct après un stage probatoire, sans concours. Cet engagement visait à valoriser une formation d’excellence et à assurer une relève qualifiée dans le réseau public. Cependant, le contexte a profondément changé.


L’argumentaire du ministère, dirigé par Augustin ANTOINE, met en avant plusieurs obstacles. Sur le plan légal, le Décret du 17 mai 2005 sur la fonction publique impose un recrutement par concours ou par procédure concurrentielle pour garantir l’égalité des chances. L’intégration automatique constituerait donc une violation de ce texte.


À cela s’ajoute une directive gouvernementale récente. La circulaire du Premier ministre Alix Didier FILS-AIMÉ, relative au Programme d’Initiation des Jeunes à l’Emploi (PIJE) du 28 mars 2025, privilégie l’insertion des jeunes diplômés par le biais de stages, et non par un recrutement de masse sans condition.


Au-delà du cadre légal, le MENFP souligne l’inadéquation entre le volume de diplômés et la capacité d’absorption de l’État. Les infrastructures scolaires publiques n’ont pas connu d’expansion significative depuis la signature de l’accord. Parallèlement, l’offre de formation s’est diversifiée avec les Universités Publiques Départementales (UPD) et le Centre de Formation de l’École Fondamentale (CFEF), produisant chaque année un nombre croissant de licenciés en éducation.


Dans ce contexte, le secteur public ne représente que 25% de l’offre éducative nationale. Créer des postes sans lien avec les besoins réels alourdirait une masse salariale déjà saturée, au détriment d’autres priorités comme la révision des salaires des enseignants du fondamental.


Conscient que ce revirement peut susciter des incompréhensions, le ministère admet que l’existence même de cet accord a alimenté des mouvements de revendication parmi les diplômés de l’ENS. Il estime toutefois que son application intégrale créerait des postes sans fonction, conduisant à un gaspillage de ressources et à une perte de crédibilité institutionnelle.


En guise de mesure transitoire pour l’année en cours, les étudiants ayant validé leur parcours à l’ENS seront habilités à effectuer leur stage. Mais pour l’avenir, le MENFP est clair : tous les aspirants enseignants, quelle que soit leur université d’origine, devront passer par un concours d’intégration. L’objectif est de garantir l’équité et de mettre en place un mécanisme de dialogue permanent entre l’UEH/ENS et le ministère, afin de planifier une insertion professionnelle réaliste et adaptée aux capacités de l’État.


Le reflet

 
 
 

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