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Sécurité en Haïti : quand le gouvernement continue de faire des vaines promesses sans jamais se concrétiser

Dans un communiqué publié ce mercredi 18 mars 2026, le gouvernement haïtien, dirigé par le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, a fait savoir qu’il réaffirme avec détermination son engagement à restaurer pleinement l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national et à apporter une réponse structurée, cohérente et durable à la crise sécuritaire.

Alors que le gouvernement se veut solennel et rassurant : « restaurer pleinement l’autorité de l’État », « imposer une réponse globale », « protéger la population ». Pourtant, derrière cette rhétorique martiale, la réalité quotidienne dans la capitale raconte une tout autre histoire. Les gangs armés continuent d’imposer leur loi, de contrôler des territoires entiers et de terroriser les habitants, tandis que les promesses de reprise en main se répètent sans jamais se concrétiser.


Ce n’est pas la première fois que les autorités haïtiennes annoncent une « stratégie globale » ou une « réponse structurée » face à la crise sécuritaire. Depuis plusieurs années, chaque communiqué ressemble au précédent : réunions de haut niveau, engagement de partenaires internationaux, promesse de réinsertion pour les jeunes enrôlés par les gangs. Néanmoins, sur le terrain, les habitants de Martissant, de Croix-des-Bouquets ou de Cité Soleil constatent surtout l’absence de l’État et l’emprise croissante des groupes armés.


Par contre, le gouvernement insiste sur la nécessité de proposer des alternatives crédibles aux jeunes enrôlés. Mais les programmes de formation et d’accompagnement socio-économique évoqués restent largement virtuels. Les infrastructures d’accueil sécurisées promises n’existent pas, et les rares initiatives locales sont souvent abandonnées faute de moyens. Pendant ce temps, les gangs continuent de recruter, profitant de la pauvreté et du désespoir.


Aux dires du gouvernement, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé affirme que « nul ne peut se soustraire à la loi ». Pourtant, dans les quartiers populaires, ce sont les chefs de gangs qui fixent les règles, imposent des taxes informelles et régulent la vie quotidienne. La justice, censée être « pleinement mobilisée », reste paralysée par la corruption, le manque de ressources et la peur. Les habitants, eux, ne voient ni fermeté ni efficacité, mais une impunité persistante.


En multipliant les annonces sans résultats tangibles, le gouvernement risque de perdre ce qui lui reste de crédibilité auprès de la population. Les partenaires internationaux, régulièrement associés à ces communiqués, semblent eux aussi prisonniers d’une logique de déclarations symboliques, sans impact réel sur la sécurité des citoyens.


En somme, les communiqués gouvernemental ressemble davantage à un exercice de communication qu’à une véritable stratégie. Les mots sont forts, mais les actes manquent. Et pendant que l’État promet de « restaurer l’ordre républicain », ce sont les gangs qui, chaque jour, imposent leur ordre dans la capitale.



Likenton Joseph

Le Reflet

 
 
 

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