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Paraguay : Santiago Peña annonce sa démission après l’effondrement d’Ueno Bank, le Parlement engage sa destitution

il y a 4 heures
3 min de lecture

Le président paraguayen Santiago Peña a annoncé, ce jeudi 5 novembre 2026, sa décision de quitter la présidence de la République, dans un contexte de grave crise bancaire et politique provoquée par l’effondrement d’Ueno Bank. Son annonce intervient alors que les députés étaient réunis pour examiner une procédure de destitution à son encontre. Quelques minutes après son annonce, la Chambre des députés a voté à l’unanimité en faveur de sa mise en accusation politique, avec 78 voix.

Dans une vidéo publiée sur le réseau social X, le chef de l’État, au pouvoir depuis 2023, a justifié sa décision par la nécessité de préserver la stabilité du pays et les institutions démocratiques.


« J’ai pris la décision de présenter ma démission de la présidence de la République. Je le fais en pensant à la stabilité de notre pays, à la paix sociale et à la nécessité de préserver nos institutions démocratiques », a-t-il déclaré.


Il a également présenté ses excuses à la population et exprimé sa préoccupation concernant les économies des clients touchés par la crise bancaire. Il a notamment demandé que les mécanismes de garantie des dépôts permettent de protéger les fonds des épargnants.


Ueno Bank au cœur de la crise


La décision du président intervient 48 heures après l’intervention de la Banque centrale du Paraguay auprès d’Ueno Bank, une importante institution financière numérique qui revendiquait environ 2,94 millions de clients dans un pays comptant près de 6,1 millions d’habitants.


L’établissement a été placé sous administration après que les autorités financières ont constaté de graves insuffisances dans ses réserves de solvabilité. Selon les informations communiquées par les autorités, sa situation financière s’était fortement dégradée à la suite de corrections apportées à ses états financiers.


Cette intervention a entraîné le blocage temporaire de l’accès aux comptes et aux dépôts de nombreux clients, provoquant une vague d’inquiétude dans le pays. Des milliers d’épargnants se sont retrouvés dans l’incertitude concernant la récupération de leur argent.


La crise a également pris une dimension politique en raison des liens d’affaires antérieurs entre Santiago Peña et le groupe propriétaire de la banque. Le président avait détenu des parts dans une holding liée à Ueno jusqu’en mars 2025. Des opposants lui reprochent notamment des conflits d’intérêts et une gestion insuffisante du dossier.


Une procédure de destitution approuvée à l’unanimité


Alors que Santiago Peña annonçait son départ, les députés paraguayens poursuivaient les débats sur sa responsabilité dans cette crise. La Chambre basse a finalement approuvé, par 78 voix contre zéro, une procédure de destitution politique.


Cette décision ouvre la voie à un examen du dossier par le Sénat. Les parlementaires entendent notamment faire la lumière sur les relations entre les autorités publiques, les responsables de la banque et les institutions chargées de sa supervision.


La démission annoncée par Peña n’a donc pas immédiatement mis fin à la crise institutionnelle. La Chambre des députés a également rejeté sa démission afin de poursuivre la procédure et de préserver la possibilité de le poursuivre politiquement.


Des responsables bancaires arrêtés et des manifestations


La crise a provoqué une forte mobilisation populaire dans la capitale, Asunción. Des épargnants, des retraités et des travailleurs ont manifesté pour réclamer la restitution de leurs économies et demander des comptes aux responsables de cette situation.


Les autorités ont également engagé des poursuites contre plusieurs dirigeants de l’établissement financier. Huit cadres d’Ueno ont été placés en détention provisoire, tandis que des poursuites ont été engagées contre d’autres responsables et associés de la banque.


Face à la colère populaire, le gouvernement avait déjà adopté une mesure d’urgence destinée à faciliter les premiers remboursements des clients concernés.


Cette crise constitue un sérieux revers pour Santiago Peña, économiste de formation et ancien responsable passé par le Fonds monétaire international. Élu en 2023 sous la bannière du Parti Colorado, il faisait face à une contestation grandissante après la perte du soutien de plusieurs membres de sa propre majorité.


Si sa démission est acceptée conformément aux mécanismes constitutionnels, le vice-président Pedro Alliana est appelé à lui succéder pour achever le mandat présidentiel, qui doit prendre fin en août 2028.


Jean Rony Poito PETIT FRERE

 
 
 

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