KPC prophétise la chute d’un système en décomposition
- Joel Agoudou
- 22 oct. 2025
- 3 min de lecture
Port-au-Prince, octobre 2025 -
À l’approche du 7 février 2026, date hautement symbolique pour la nation haïtienne, le parti KONVIKSYON POU CHANJMAN (KPC) publie une déclaration d’une intensité rare, dressant un constat lucide et alarmant de la situation nationale.
Dans ce document au ton prophétique, le KPC dénonce la dérive d’un système politique en pleine décomposition, miné par la corruption, la peur et la trahison du bien commun.

Un pays pris en otage par la crise
Le KPC affirme qu’Haïti vit depuis plus de quarante ans dans un cycle de crises fabriquées et entretenues par une élite prédatrice ayant fait du désordre un instrument de pouvoir.
Selon le parti, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), censé tracer la voie vers la stabilité, s’est transformé en miroir fidèle d’un système corrompu, incapable d’assurer la sécurité publique, de proposer un calendrier électoral crédible ou de restaurer la confiance du peuple.
« Le chaos est devenu un mode de gouvernance et le désordre, un outil de contrôle », souligne la déclaration.
Haïti, poursuit le texte, s’enlise dans un effondrement généralisé de l’État et des institutions, tandis que les citoyens, livrés à eux-mêmes, vivent dans l’insécurité, la peur et la précarité.
Une élite en faillite morale
Pour le KPC, le problème dépasse la simple incapacité du CPT :
c’est tout un système politique et économique, fondé sur l’exclusion, la corruption et la dépendance étrangère, qui arrive à bout de souffle.
Cette élite, selon le parti, vit du désordre, prospère dans l’instabilité et redoute plus que tout l’éveil d’un peuple conscient de sa force.
Le résultat est sans appel :
Des zones entières échappent au contrôle de l’État ;
Des groupes armés imposent leur loi ;
Des milliers d’enfants sont privés d’éducation ;
Des familles entières vivent dans la peur et la misère.
« Cet échec collectif est celui d’une gouvernance sans responsabilité, d’une transition sans boussole et d’une politique qui a cessé de servir la nation », déclare le parti.
Pour une refondation fondée sur les droits humains
Face à ce constat alarmant, KONVIKSYON POU CHANJMAN plaide pour une refondation totale du système politique haïtien, fondée sur la justice, la dignité et les droits fondamentaux.
Le KPC rappelle qu’aucun avenir démocratique n’est possible sans un État qui protège la vie et la dignité humaines.
Le parti exige :
Une transition centrée sur la sécurité humaine et la justice, et non sur la distribution de postes politiques ;
La création d’un cadre de concertation nationale réunissant la société civile, les organisations de femmes, les syndicats, les jeunes et les défenseurs des droits humains, afin de redéfinir les priorités du pays ;
La fin des manœuvres visant à prolonger la transition dans la peur et la violence.
Appel à la communauté internationale et au peuple haïtien
Le KPC reconnaît la dimension internationale de la crise haïtienne, mais souligne qu’aucune solution durable ne viendra de l’extérieur sans la volonté du peuple haïtien lui-même.
Le parti appelle la communauté internationale ONU, OEA, CARICOM à cesser de soutenir des élites discréditées et à contribuer plutôt à la reconstruction institutionnelle fondée sur la justice et la souveraineté populaire.
Mais c’est surtout au peuple haïtien que s’adresse le message le plus fort :
« Seul un peuple uni peut briser le cycle infernal de la peur et du silence. L’union doit se faire autour des droits, non autour des armes. »










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