Haïti : pour ses cinq ans, KANARI PÈP LA dénonce la persistance de la crise et réaffirme ses priorités
Le parti politique KANARI PÈP LA (KAPEP) a célébré, le samedi 17 octobre 2026, son cinquième anniversaire en dressant un bilan de ses prises de position politiques et en réaffirmant ses engagements en faveur de la souveraineté nationale, de la sécurité et de la justice sociale.

Dans une déclaration à la presse, la formation politique a également dénoncé la persistance de la crise multidimensionnelle qui frappe Haïti, cinq ans après sa création.
Fondé le 17 octobre 2021, KANARI PÈP LA a choisi la date symbolique du 17 octobre, qui marque également le 220e anniversaire de l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines, père fondateur de l’indépendance haïtienne, pour rappeler sa vision politique. Le parti estime que le peuple haïtien, qui a conquis sa liberté en 1804, ne devrait pas continuer à vivre dans la misère, l’insécurité et la dépendance.
Pour illustrer son projet, KAPEP s’appuie sur le symbole du kanari, présenté comme un récipient capable de conserver l’eau fraîche. Selon le parti, cette image représente l’espoir d’un avenir meilleur pour la population haïtienne.
Cinq années de prises de position politiques
Dans sa déclaration, KAPEP revient sur les principales étapes de son parcours entre 2021 et 2026. Durant ses premières années, le parti affirme avoir travaillé à sa structuration interne, organisé des assemblées, publié des déclarations et participé à des débats politiques ainsi qu’à des rencontres internationales.
En avril et juin 2024, la formation politique a notamment contesté les conditions de mise en place du Conseil présidentiel de transition (CPT). Elle a dénoncé ce qu’elle considère comme un déficit de légitimité nationale et une ingérence étrangère dans les affaires haïtiennes.
En mai 2025, KAPEP a également condamné les assassinats, les enlèvements, les violences des gangs armés et les déplacements forcés de population. Le parti a alors appelé à une mobilisation pacifique et légale pour reprendre le contrôle du territoire national. Il a par ailleurs exprimé ses réserves concernant une éventuelle réforme constitutionnelle sans garanties institutionnelles suffisantes, tout en proposant, sous réserve de faisabilité juridique, une transition dirigée par un juge de la Cour de cassation.
En octobre 2025, KAPEP a fait part de ses réserves à l’égard de la Force de répression des gangs (FRG), autorisée par la résolution 2793 du Conseil de sécurité des Nations unies. Le parti doute de l’efficacité de cette initiative pour répondre durablement aux problèmes de sécurité du pays.
En janvier 2026, il a réaffirmé son attachement à la primauté du droit et à l’autodétermination du peuple haïtien. Le 4 février suivant, il a dénoncé la présence signalée de navires militaires américains dans les eaux haïtiennes, tout en reconnaissant la possibilité d’une assistance technique respectueuse de la souveraineté nationale et placée sous contrôle haïtien.
La formation politique a également proposé la mise en place d’un gouvernement de transition composé de douze à treize ministres. Cette proposition vise, selon elle, à réduire les dépenses publiques et à faciliter le retour à l’ordre constitutionnel.
Le parti tient toutefois à préciser que ce bilan repose sur ses prises de position et ses propositions politiques, et non sur des réalisations matérielles dont il pourrait revendiquer la responsabilité.
Une crise nationale qui perdure
Cinq ans après sa création, KAPEP estime que la situation du pays reste préoccupante. La population continue de faire face à l’insécurité, à la faim, à la corruption, aux déplacements forcés, à l’exode et à la paralysie de nombreuses activités économiques.
Le parti souligne également la dégradation des services publics, notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé, ainsi que les difficultés touchant les infrastructures nationales.
Le renouvellement annoncé du mandat de la FRG jusqu’au 31 mars 2027 soulève, selon KAPEP, des interrogations sur les résultats attendus en matière de sécurité et de renforcement des institutions haïtiennes.
Pour la formation politique, l’efficacité d’une transition ne doit pas se mesurer au nombre d’accords signés ou de promesses formulées. Elle doit plutôt se traduire par des avancées concrètes, notamment le rétablissement de la sécurité, l’accès à la justice et la restauration de la dignité de la population.
Souveraineté, sécurité et production nationale au cœur des priorités
Pour les années à venir, KANARI PÈP LA maintient plusieurs priorités, parmi lesquelles la défense de la souveraineté nationale, l’autodétermination, le renforcement de la Police nationale d’Haïti (PNH) et du système judiciaire, ainsi que la lutte contre l’impunité.
Le parti plaide également pour une gouvernance transparente et responsable, un soutien accru à l’agriculture, à l’industrie, aux paysans et aux artisans, ainsi que pour la valorisation de la production nationale.
L’éducation, la santé, les infrastructures et la participation citoyenne figurent aussi parmi ses principaux axes d’action. KAPEP insiste enfin sur la nécessité d’organiser des élections crédibles afin de permettre au pays de retrouver un fonctionnement institutionnel régulier.
La formation politique reconnaît cependant que ces objectifs nécessitent des politiques publiques réalistes, financées et évaluables.
Un appel à renouer avec l’héritage de Dessalines
À l’occasion de ce cinquième anniversaire, KAPEP affirme vouloir rester fidèle à l’héritage de Jean-Jacques Dessalines, au pluralisme démocratique et au droit du peuple haïtien de décider librement de son avenir.
Le parti estime qu’Haïti doit pouvoir avancer sans tutelle et sans promesses dépourvues de résultats. Il appelle à faire de la sécurité, de la justice, du travail, de la dignité et de la souveraineté nationale des priorités effectives de l’action publique.
La déclaration, signée par le président du parti, le Dr Todt Royer, et son secrétaire général, l’ingénieur Luckner Gabriel, s’achève sur le slogan de la formation politique : « Yon ti dlo fre pou pèp la ! »
À travers cette formule, KANARI PÈP LA réaffirme son ambition de porter un message d’espoir auprès de la population haïtienne, dans un contexte où les attentes en matière de sécurité, de stabilité politique et d’amélioration des conditions de vie restent particulièrement fortes.
Jean Rony Poito PETIT FRERE









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