Haïti plaide pour un partenariat renforcé entre l’Afrique, l’Amérique latine et la Caraïbe
New York, 22 septembre 2026. Haïti veut renforcer ses liens avec l’Afrique, l’Amérique latine et la Caraïbe en les inscrivant dans une logique de coopération économique et politique tournée vers l’avenir. La ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Raina Forbin, a défendu cette position lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) et de l’Union africaine (UA), organisée en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies.

Dans son intervention, la cheffe de la diplomatie haïtienne a appelé à transformer les liens historiques entre les trois régions en partenariats fondés sur des intérêts communs et des bénéfices réciproques. Elle a notamment insisté sur la nécessité de dépasser une relation centrée sur l’aide internationale pour privilégier les investissements et les échanges économiques.
Raina Forbin a également salué l’implication de plusieurs pays africains dans les efforts internationaux visant à soutenir la sécurité en Haïti. Elle a exprimé la reconnaissance du gouvernement haïtien envers le Kenya, dont elle a souligné le leadership au sein de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS). Elle a aussi cité le Tchad, la Sierra Leone et la Côte d’Ivoire pour leur contribution à la Force de répression des gangs (FRG), ainsi que les autres pays appelés à participer à ces efforts.
La ministre a par ailleurs plaidé pour une meilleure coordination entre les pays du Sud global sur des dossiers communs. Elle a notamment évoqué la justice climatique et la réforme de l’architecture financière internationale, deux enjeux régulièrement défendus par les pays en développement dans les forums internationaux.
Sur le plan économique, Raina Forbin a présenté le changement d’orientation défendu par le gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. L’objectif affiché est de passer d’une logique d’aide à une approche davantage axée sur l’investissement. Dans cette perspective, la ministre a appelé au développement des échanges et des investissements dans plusieurs secteurs, dont l’agriculture, l’agroalimentaire, les énergies renouvelables, les infrastructures, les nouvelles technologies et l’éducation.
La diplomatie haïtienne entend également maintenir la question historique au centre de ce rapprochement. La ministre a rappelé l’importance de la mémoire de la traite transatlantique et de la question des réparations dans le dialogue entre les régions concernées. Pour Haïti, cette mémoire doit contribuer à construire de nouvelles relations entre les peuples et à favoriser un avenir commun fondé sur la paix, la prospérité et la responsabilité collective.
Cette rencontre entre la CELAC et l’Union africaine intervient alors qu’Haïti cherche à consolider ses partenariats internationaux autour de la sécurité, du développement économique, du financement climatique et des investissements.
Jean Rony Poito Petit Frere









Commentaires