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De « Zéro Déchet » à des millions de tonnes de fatras : quand les promesses se noient sous les ordures

Par Le REFLET


Trois semaines après le lancement en grande pompe du programme « Zéro Déchet » et du challenge national « Zòn pa m pi pwòp », la réalité observée dans plusieurs quartiers de la région métropolitaine de Port-au-Prince semble raconter une toute autre histoire.

Alors que les autorités promettaient une mobilisation nationale contre l’insalubrité, les images prises ces derniers jours, sous la pluie, montrent une capitale toujours envahie par des montagnes de déchets. Les canaux de drainage sont obstrués, les rues transformées en dépotoirs à ciel ouvert et les eaux de ruissellement emportent des tonnes d’immondices à travers plusieurs quartiers.


Le 16 juin dernier, le Service national de gestion des résidus solides (SNGRS), sous l’impulsion de la Primature, lançait officiellement son ambitieux programme « Zéro Déchet ». L’objectif affiché était clair : améliorer durablement la gestion des déchets, responsabiliser les citoyens et rendre les quartiers plus propres grâce au challenge « Zòn pa m pi pwòp ».


Mais sur le terrain, le contraste est frappant.


À Port-au-Prince, les images parlent d’elles-mêmes. Les amas de fatras continuent de s’accumuler dans plusieurs zones de la capitale. À chaque épisode pluvieux, les détritus envahissent les routes, bloquent les systèmes d’évacuation des eaux et aggravent les risques d’inondation auxquels sont confrontées des milliers de familles.


Selon des données relayées par INA Reportages, la zone métropolitaine de Port-au-Prince concentre la très grande majorité des déchets solides produits en Haïti, avec une production quotidienne estimée à près de 900 tonnes. Les secteurs les plus touchés demeurent le centre-ville, la Croix-des-Bossales, ainsi que plusieurs quartiers de Tabarre, notamment Clercine et Petite Place Cazeau.


Cette accumulation massive de déchets résulte non seulement de l’absence d’un système efficace de collecte, mais également des défaillances chroniques des services municipaux de voirie. Cette situation accentue les risques sanitaires, favorise la prolifération de maladies et augmente considérablement la vulnérabilité des populations lors des fortes pluies.


Pour de nombreux habitants, les promesses de transformation peinent encore à produire des résultats visibles. Les slogans institutionnels se heurtent à une réalité quotidienne marquée par l’insalubrité persistante.


Si le SNGRS affirme poursuivre une vision stratégique à l’horizon 2030, les scènes observées aujourd’hui dans plusieurs quartiers de la capitale rappellent l’ampleur du défi qui reste à relever. Entre les ambitions affichées et les conditions de vie constatées sur le terrain, l’écart demeure considérable.


Les photographies réalisées sous la pluie illustrent une capitale qui continue de lutter contre un problème structurel dont les conséquences dépassent largement la simple question de la propreté. Elles interpellent sur l’urgence de mettre en œuvre des actions durables, coordonnées et mesurables afin que les engagements annoncés se traduisent enfin par des résultats concrets pour la population.


Le REFLET

 
 
 

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