Arrestation de Nicolás Maduro par les États Unis : le Conseil de sécurité de l’ONU confronté à une fracture sur la souveraineté et le recours à la force
- Joel Agoudou
- il y a 2 jours
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La capture du président vénézuélien Nicolás Maduro par des forces américaines à Caracas, suivie de son transfert à New York, a ravivé le lundi 5 janvier 2025 un profond débat au sein des Nations Unies sur le respect de la souveraineté des États et les limites de l’action extraterritoriale, selon les échanges tenus lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité.

À cette occasion, le Secretaire general de l’ONU a souligné que les principes fondamentaux du droit international, notamment l’interdiction du recours à la force et le respect de l’intégrité territoriale, se trouvaient mis à rude épreuve par cette intervention, insistant sur la gravité du moment pour l’ordre international.
Il a également été relevé que, au delà des faits déjà connus, de nombreuses incertitudes demeuraient quant à l’avenir politique immédiat du Venezuela et au précédent que cette opération pourrait créer dans les relations entre États membres de l’Organisation.
Plusieurs délégations ont rappelé que l’opération, menée de nuit et qualifiée par Washington d’action judiciaire, avait pris la forme d’une intervention militaire rapide, nourrissant une controverse entre ceux qui y voient une application de la loi et ceux qui dénoncent une violation manifeste de la Charte des Nations Unies.
Les autorités vénézuéliennes, pour leur part, ont demandé une condamnation claire de l’action américaine, estimant qu’il s’agissait d’un acte d’agression contraire au droit international, tout en affirmant que les institutions de l’État continuaient de fonctionner sous une direction interimaire.
À l’inverse, les États Unis ont défendu devant le Conseil une lecture sécuritaire et juridique de leur action, arguant que l’arrestation visait à traduire en justice un dirigeant accusé de crimes graves, et non à occuper ou contrôler le pays.
D’autres membres du Conseil, dont la Russie, la Chine, Cuba ainsi que plusieurs experts invités, ont mis en garde contre une application sélective du droit international, estimant que le recours à la force risquait d’aggraver les tensions et de fragiliser davantage le système multilatéral.
En toile de fond de ces divergences, les Nations Unies ont rappelé la situation humanitaire critique au Venezuela, soulignant que l’absence de consensus politique au Conseil laisse entière une crise dans laquelle la population civile demeure la principale victime d’un affrontement diplomatique et juridique sans issue immédiate.
Le Reflet








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