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À Carrefour de l’Aéroport, la réouverture du sous-commissariat redonne espoir aux commerçants

Moins de deux jours après la réouverture officielle du sous-commissariat de Carrefour de l’Aéroport, une infrastructure policière vandalisée et incendiée par la coalition Viv Ansanm en mars 2024, des commerçants ont recommencé, ce lundi 9 février 2026, à marquer symboliquement leurs emplacements sur le trottoir.

Ce geste, à la fois prudent et porteur d’espoir, s’observe dans un périmètre fortement sécurisé par des blindés et des barrages, révélant les défis persistants dans cette zone stratégique.

Pinceau à la main, une commerçante trace méthodiquement son nom en grandes lettres colorées sur le béton du trottoir. Autour d’elle, d’autres font de même. Cette réappropriation pacifique de l’espace public a été rendue possible par la réouverture du sous-commissariat, intervenue moins de 48 heures plus tôt.

Ce marquage est avant tout symbolique. Il ne signifie pas encore une reprise effective des activités commerciales, mais plutôt une première revendication du droit au retour, observée avec une prudence typiquement haïtienne.

« Même si je trace mon nom, cela ne veut pas dire que je viendrai vendre tout de suite. J’observe la situation durant cette semaine », confie une jeune femme résidant à Delmas 31, exprimant un sentiment largement partagé.


La restauration de la présence policière est perçue comme une condition indispensable à toute relance économique.

« La réouverture du sous-commissariat est un pas d’espoir vers la reprise des activités », témoigne un commerçant sous couvert d’anonymat.

Cette lueur d’espoir demeure toutefois encadrée par un dispositif de sécurité conséquent. Plusieurs véhicules blindés patrouillent la zone, tandis que l’accès au viaduc surplombant le commissariat a été fermé afin de prévenir toute attaque.


Malgré ce climat de vigilance, certains pionniers ont déjà osé franchir le pas. Quelques petits commerces ont rouvert leurs portes, misant sur une confiance fragile mais réelle.

« J’ai déjà fait le premier pas. Il reste aux autres de venir en nombre pour permettre à la vie de reprendre à Carrefour de l’Aéroport », lance un citoyen ayant rouvert son business.


Cette dynamique naissante semble s’inscrire dans un mouvement plus large observé de l’autre côté du pont. À Delmas 30 et 29, les activités commerciales ont repris de manière plus significative, bénéficiant du soutien des nouveaux policiers issus de la 35e promotion, selon des constats effectués sur le terrain.


Un signal fort dans un contexte encore fragile


La réouverture de ce poste policier stratégique envoie un signal politique fort quant à la volonté des autorités de reprendre le contrôle de points névralgiques de la capitale. Pour les commerçants, il s’agit avant tout d’un préalable à la reconstruction de leur vie économique.

« Dans leurs yeux, on peut lire l’attente », observe un citoyen, « une attente mêlée d’anxiété et d’espoir de voir Carrefour de l’Aéroport retrouver son animation et son rôle vital dans l’économie populaire ».


La semaine à venir sera décisive. Elle dira si ces marques de peinture sur le trottoir se transformeront en une véritable reprise des affaires ou si la peur des représailles et l’instabilité persistante contraindront les commerçants à différer leur retour.

Pour l’heure, Carrefour de l’Aéroport respire un espoir fragile, protégé par des blindés et inscrit à même le béton.


Le Reflet

 
 
 

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