USA : décès tragique d’un jeune Haïtien de 20 ans dans l’Ohio après la perte de son statut TPS
Un jeune immigrant haïtien de 20 ans, Pierre Damas Bel, est décédé le lundi 31 août 2026 à Springfield, dans l’État de l’Ohio, aux États-Unis. Il a été percuté par un poids lourd après être entré sur les voies de l’Interstate 70.

Selon sa famille, le jeune homme, qui avait récemment perdu son statut de protection temporaire, traversait une période de grande détresse. Le Washington Post rapporte que ses proches considèrent sa mort comme un suicide. Les autorités de l’Ohio enquêtent toutefois encore sur les circonstances exactes du décès.
Pierre Damas Bel était arrivé aux États-Unis en 2024 pour rejoindre ses parents, qui avaient quitté Haïti quelques années auparavant. La famille s’était installée à Springfield et avait obtenu le statut de protection temporaire.
Après la décision mettant fin aux protections accordées aux ressortissants haïtiens bénéficiaires du TPS, le jeune homme avait été convoqué dans un bureau de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE). Il avait ensuite été placé sous surveillance électronique au moyen d’un bracelet à la cheville, dans le cadre de sa procédure migratoire.
Son père, Pierres Ronal Bel, affirme que son fils vivait difficilement cette situation. Selon lui, le jeune homme se sentait humilié par le port du dispositif électronique et aurait également été victime de moqueries de la part de camarades.
Dans une publication sur Instagram à la fin du mois de juillet, Pierre Damas Bel avait exprimé son incompréhension face à sa situation. Il expliquait être venu aux États-Unis pour poursuivre ses études et disait ressentir de la honte et de l’humiliation en raison du bracelet électronique qu’il devait porter.
Le jeune Haïtien nourrissait pourtant de grandes ambitions. Il rêvait de devenir médecin et avait obtenu son diplôme d’études secondaires avec mention en mai dernier. Il était également membre du programme Junior Reserve Officer Training Corps (JROTC), un programme destiné aux jeunes dans les établissements scolaires américains.
Selon son père, Pierre Damas Bel souhaitait poursuivre son parcours au sein du programme JROTC. Mais vendredi dernier, son instructeur aurait distribué les uniformes aux étudiants sans lui en remettre un. Son père estime que son fils avait associé cette situation au bracelet électronique qu’il portait.
Le jeune homme avait également une demande d’asile en cours et devait comparaître devant un tribunal de l’immigration en octobre. Selon Vilés Dorsainvil, directeur exécutif du Haitian Support Center à Springfield, qui accompagne la famille, Pierre Damas Bel ne souhaitait pas retourner en Haïti en raison des violences qui y sévissent.
Le lundi matin, peu avant sa mort, le jeune homme avait appelé son père en visioconférence. Selon ce dernier, il lui aurait dit qu’il ne se sentait pas bien. Son père lui aurait alors demandé de rentrer à la maison afin qu’ils puissent discuter.
Quelques heures plus tard, la police s’est présentée au domicile familial pour annoncer son décès.
La disparition de Pierre Damas Bel provoque une vive émotion au sein de la communauté haïtienne de Springfield. Des responsables communautaires se sont rendus auprès de sa famille pour lui apporter leur soutien.
Guerline Jozef, de la Haitian Bridge Alliance, estime que les politiques migratoires actuelles contribuent à la détresse vécue par certains immigrants haïtiens. D’autres responsables communautaires ont également exprimé leur inquiétude face à la pression exercée sur les Haïtiens confrontés à la perte de leur statut migratoire et à la menace d’un retour en Haïti.
Le décès de Pierre Damas Bel intervient alors que les autorités américaines ont intensifié les démarches visant les Haïtiens concernés par la fin du TPS. Selon le Washington Post, environ 350 000 Haïtiens avaient bénéficié de cette protection avant sa suppression.
À Springfield, cette disparition laisse une famille endeuillée et une communauté haïtienne profondément bouleversée. Le jeune homme, qui était arrivé aux États-Unis avec l’ambition de poursuivre ses études et de devenir médecin, n’aura pas pu réaliser son projet.
Jean Rony Poito PETIT FRERE









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