Une rentrée scolaire sous le poids des défis
- Joel Agoudou
- il y a 2 jours
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Malgré les défis socio-sécuritaires à travers le pays, le Ministère de l’Éducation nationale et de la formation professionnelle maintient le cap pour la rentrée scolaire au 7 septembre 2026.

Fixer une date de rentrée scolaire dans le contexte actuel n’est pas un simple exercice administratif. C’est un choix qui engage l’État, les familles, les enseignants et l’ensemble du système éducatif. En maintenant la réouverture officielle des classes au 7 septembre 2026, le Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle envoie un signal de continuité et de stabilité.
Cette décision intervient dans un pays confronté à une insécurité persistante, aux déplacements de milliers de familles et à une situation économique qui fragilise le pouvoir d’achat des ménages. Ces réalités risquent d’affecter la fréquentation scolaire, particulièrement dans les zones les plus exposées à la violence.
Le MENFP affirme toutefois vouloir préparer une rentrée harmonieuse, inclusive et sécurisée. Les mesures annoncées vont de la distribution de manuels scolaires, de kits et de mobilier à l’appui aux cantines, en passant par la poursuite de la réforme curriculaire, la formation des enseignants et l’amélioration des infrastructures. L’ouverture de nouveaux lycées et l’extension des Centres d’Enseignement Supérieur Technique traduisent également une volonté de renforcer l’offre publique d’éducation.
Ces engagements constituent des avancées importantes. Leur réussite dépendra toutefois de leur mise en œuvre sur le terrain. Les écoles devront disposer des ressources promises à temps. Les enseignants devront être accompagnés. Les élèves devront pouvoir rejoindre leurs établissements dans des conditions acceptables de sécurité.
L’appel lancé aux autres ministères, aux partenaires internationaux et à la diaspora rappelle que la réussite de la rentrée ne relève pas de la seule responsabilité du MENFP. L’éducation exige une mobilisation collective, surtout lorsque les défis dépassent largement le cadre scolaire.
Les familles, de leur côté, espèrent que les frais resteront maîtrisés et que les écoles privées entendront l’appel du ministère à éviter des augmentations excessives. Dans un contexte où de nombreux ménages peinent à couvrir leurs dépenses essentielles, le coût de la scolarité demeure un facteur déterminant.
Maintenir la date du 7 septembre est un pari sur la résilience du système éducatif haïtien. Ce pari devra désormais être soutenu par des actions concrètes, une coordination efficace et un suivi constant. Une rentrée réussie ne se mesure pas uniquement à l’ouverture des écoles. Elle se mesure aussi à la capacité des élèves à apprendre dans un environnement sûr, accessible et propice à leur réussite.
Rony Poito









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