top of page
IMG_1399.JPG
IMG_1495.PNG

Situation alarmante au CERMICOL : le RNDDH dénonce des conditions inhumaines de détention

Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) alerte sur les conditions de détention des détenus incarcérés au Centre de Rééducation des Mineurs en Conflit avec la Loi (CERMICOL). Dans un rapport de neuf pages, l’organisation décrit une situation qualifiée de « catastrophique », marquée par des traitements cruels, inhumains et dégradants infligés aux prisonniers.

Depuis 2023, le CERMICOL, initialement destiné aux mineurs, a été transformé en complexe pénitentiaire accueillant des détenus transférés des prisons civiles de Port-au-Prince, Croix-des-Bouquets et Cabaret. Cette décision est intervenue après plusieurs attaques armées et évasions massives, dont celle de 3 609 détenus à la prison civile de Port-au-Prince en mars 2024.


Aujourd’hui, mineurs, hommes et femmes cohabitent dans des conditions de surpopulation extrême. Conçu pour cent mineurs, le centre héberge désormais 719 personnes, soit plus de sept fois sa capacité. Parmi elles : 142 femmes, 15 filles mineures, 87 garçons mineurs et 475 hommes. La majorité est en détention préventive prolongée, parfois depuis plusieurs années, sans jugement. Seuls 23 détenus, soit 3 % ont été condamnés.


Le RNDDH souligne des violations flagrantes des droits fondamentaux aux personnes privées de liberté.

Les mineurs sont privés de récréation et d’activités éducatives, les salles de classe ayant été converties en cellules. Les femmes et les filles sont entassées dans un espace exigu, dormant autour des installations sanitaires. Les détenus n’ont plus accès à des toilettes fonctionnelles et doivent utiliser des seaux ou des sachets pour déféquer. En outre, le dispensaire, transformé en cellule, héberge 36 femmes et un nourrisson, compromettant la confidentialité des soins.


Outre de cela, la situation sanitaire est tout aussi préoccupante : cas de malnutrition, tuberculose, infections cutanées et troubles mentaux non pris en charge. Le RNDDH rappelle que, selon le Code pénal haïtien et les normes internationales, les personnes souffrant de démence ou de maladies graves devraient être transférées vers des établissements spécialisés.


En somme, l’organisation dénonce l’inaction des autorités judiciaires. De nombreux détenus, comme Dorismond Ronald et Dorissaint Wilky, incarcérés depuis huit ans sans jugement, témoignent de l’oubli dans lequel ils sont laissés.


Le RNDDH appelle l’État haïtien à respecter ses obligations constitutionnelles et internationales, notamment la Convention Américaine relative aux Droits de l’Homme, qui garantit à toute personne le droit d’être jugée dans un délai raisonnable.


Likenton Joseph

Le Reflet

 
 
 

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
bottom of page