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Sanctions européennes contre Michel Martelly, deux anciens sénateurs et un gang armé : l’UE durcit le ton face à la crise haïtienne

Par Gesnel Moïse


Le Conseil de l’Union européenne a franchi un nouveau cap dans sa gestion du dossier haïtien en annonçant, ce lundi 15 décembre 2025, des sanctions ciblées contre plusieurs figures politiques de premier plan et un groupe armé notoire. Cette décision intervient dans un contexte de grave détérioration sécuritaire, marqué par la montée en puissance des gangs et l’incapacité persistante de l’État haïtien à rétablir son autorité sur le territoire.

Parmi les personnalités sanctionnées figure Michel Martelly, ancien président de la République d’Haïti (2011-2016), ainsi que Youri Latortue, ex-parlementaire, présenté comme l’un de ses proches conseillers durant son mandat et fondateur du parti L’Ayiti An Aksyon (AAA). Selon le Conseil européen, ces deux hommes auraient joué un rôle actif dans le soutien matériel et financier de groupes armés, dans le but de consolider leur influence politique et de protéger leurs intérêts dans certaines zones stratégiques du pays.

La liste des personnes visées comprend également Rony Célestin, ancien sénateur de la République, soupçonné d’entretenir des liens étroits avec des réseaux criminels. Il est accusé d’être impliqué dans des actes de violence, des circuits de trafic, ainsi que dans l’assassinat du journaliste Néhémie Joseph, dont les enquêtes dérangeaient plusieurs acteurs du pouvoir politique et du crime organisé.

Du côté des structures armées, le gang « 5 Segond », dirigé par le chef de gang Johnson André, alias Izo, et implanté dans le quartier de Village-de-Dieu, à Port-au-Prince, est également ciblé par les mesures européennes. Ce groupe est régulièrement cité pour son implication dans des enlèvements, des attaques armées, des violences sexuelles, des extorsions et diverses activités criminelles, contribuant à la paralysie de la capitale et à l’aggravation de la crise humanitaire.


Concrètement, les sanctions imposées prévoient le gel des avoirs détenus en Europe par les personnes et l’entité désignées. Toute transaction financière ou tout soutien économique en provenance de l’Union européenne leur est désormais interdit. Par ailleurs, les individus concernés se voient refuser l’entrée et le séjour sur le territoire européen.


Il convient de rappeler que ces trois personnalités sont déjà visées par des sanctions canadiennes depuis 2022 pour leur présumée complicité avec des gangs armés et leur implication dans des réseaux de corruption en Haïti. En octobre 2023, un rapport des Nations unies a également mis en cause Michel Martelly pour son implication présumée dans le financement de groupes armés opérant dans le pays. En août 2024, le gouvernement américain a, à son tour, imposé des sanctions contre l’ancien chef de l’État, l’accusant notamment d’implication dans des réseaux internationaux de trafic de drogue et de responsabilités dans la dégradation sécuritaire et politique d’Haïti.


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