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Procès Sanon à Miami : Martine Moïse indexe « Don Kato », l’ancien sénateur dément toute implication

1 oct.
2 min de lecture

Par Gesnel Moïse


L’ancienne Première dame Martine Moïse a évoqué, mardi, le rôle politique d’Antonio Chéramy, dit « Don Kato », lors de son témoignage au procès fédéral de Christian Emmanuel Sanon à Miami. Elle a présenté l’ancien sénateur comme l’un des opposants à son défunt mari, Jovenel Moïse, et l’a notamment associé aux tensions politiques qui ont marqué les dernières années de la présidence.

Selon Martine Moïse, les affrontements entre le pouvoir et certains parlementaires ont contribué à bloquer le fonctionnement des institutions. Elle a notamment rappelé les événements de mai 2019, lorsque Chéramy et d’autres sénateurs avaient déplacé des meubles dans l’enceinte du Parlement pour protester contre le processus de nomination d’un nouveau Premier ministre de Jovenel Moïse.


Au cours de son témoignage, l’ancienne Première dame a également évoqué une photographie montrant Antonio Chéramy aux côtés de Christian Emmanuel Sanon, actuellement jugé dans cette affaire. Elle a déclaré avoir vu plusieurs images des deux hommes sur les réseaux sociaux. Martine Moïse a aussi affirmé que Chéramy aurait pu envisager de remplacer son mari après sa disparition, une affirmation présentée dans le cadre des débats judiciaires.


Martine Moïse a par ailleurs relié les affrontements politiques de 2019 à la paralysie du pays, connue sous le terme « peyi lòk ». Elle a soutenu que l’insécurité et les violences avaient rendu difficile l’organisation d’élections. Elle a notamment évoqué les difficultés rencontrées par la population pour se déplacer et se rendre aux bureaux de vote dans un contexte marqué par la présence de groupes armés.


Antonio Chéramy rejette ces accusations. Dans une réaction rapportée par le Miami Herald, l’ancien sénateur affirme que son opposition à Jovenel Moïse relevait de son mandat parlementaire et non d’un projet visant à empêcher la tenue des élections. Il soutient également que le président n’avait pas soumis au Parlement les textes nécessaires à l’organisation du processus électoral.


Chéramy a aussi expliqué que ses affrontements avec le pouvoir portaient notamment sur le budget national et le fonctionnement du Parlement. Concernant les événements de mai 2019, il affirme que le déplacement des meubles faisait suite, selon sa version, à une tentative de ses adversaires de l’empêcher de participer aux débats parlementaires. Il a également minimisé la portée des photographies avec Sanon, rappelant son ancienne activité d’artiste et les nombreuses personnes avec lesquelles il avait été photographié.


Le témoignage de Martine Moïse intervient alors que Christian Emmanuel Sanon comparaît devant la justice fédérale américaine pour son implication présumée dans le projet ayant précédé l’assassinat de Jovenel Moïse, le 7 juillet 2021. Sanon conteste les accusations portées contre lui. Par ailleurs, Antonio Chéramy n’a pas été renvoyé devant le tribunal dans le cadre de ce dossier : le juge d’instruction Walter Wesser Voltaire a conclu en 2024 à l’absence de charges suffisantes contre lui.


Le reflet

 
 
 

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