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Pour la participation politique d’au moins 30 % de femmes au processus électoral en Haïti

il y a 6 jours
5 min de lecture

Une question qui, à mes yeux, dépasse largement le cadre de la politique électorale.

Je suis Sherley Louis, analyste politique et experte en gouvernance de l’État.C’est avec la conviction profonde que l’avenir démocratique d’Haïti ne pourra être construit sans la participation pleine, effective et responsable des femmes à la vie politique et aux processus de décision.

Parler d’une participation d’au moins 30 % de femmes au processus électoral ne signifie pas simplement parler de chiffres ou de statistiques.


Nous parlons de démocratie


Nous parlons de représentativité


Nous parlons de justice et d’égalité des chances


Nous parlons surtout de la capacité de notre État et de nos institutions à mobiliser toutes les compétences disponibles pour répondre aux défis auxquels notre pays est confronté.


Une démocratie qui laisse une grande partie de sa population à la périphérie des espaces de décision est une démocratie qui demeure incomplète.


Les femmes haïtiennes sont présentes partout : dans les familles, dans les entreprises, dans les organisations communautaires, dans l’agriculture, dans l’éducation, dans la santé, dans le commerce, dans les universités, dans les associations et dans les initiatives citoyennes.


Elles contribuent quotidiennement à la résilience de notre société.


Alors, une question fondamentale se pose : pourquoi leur présence demeure-t-elle encore si limitée dans les espaces de pouvoir et de décision politique ?


Le moment est venu de changer cette réalité.


Atteindre au moins 30 % de participation des femmes au processus électoral doit être considéré comme une priorité démocratique nationale.


Nous devons permettre aux femmes d’être davantage présentes comme électrices, candidates, responsables politiques, dirigeantes de partis, représentantes élues et décideuses publiques.


Mais pour y parvenir, il ne suffit pas d'appeler les femmes à participer.


Il faut également créer les conditions de leur participation


Cela implique de s’attaquer aux obstacles qui empêchent encore de nombreuses femmes d’accéder à la politique : manque de ressources, insuffisance de formation, faible accès aux réseaux d’influence, discriminations, violences politiques et sociales, responsabilités familiales disproportionnées et parfois absence de volonté réelle au sein des structures politiques.

Les partis politiques ont donc un rôle déterminant.


C’est pourquoi le Ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes doit pouvoir s’engager aux côtés des partis politiques afin de favoriser une véritable dynamique nationale en faveur de la participation des femmes.


Cet engagement doit être fondé sur le dialogue, l’accompagnement, la formation, la sensibilisation et la responsabilisation.


Nous devons encourager les partis politiques à identifier, former et promouvoir des femmes capables d’assumer des responsabilités politiques.


Nous devons également favoriser leur présence dans les structures de direction des partis et dans les candidatures aux différents niveaux du processus électoral.


Car soyons clairs :


Il ne suffit pas de demander aux femmes de participer. Il faut leur ouvrir les portes de la participation.


La question de la représentation des femmes est également une question de bonne gouvernance.


Une gouvernance efficace repose sur la diversité des compétences, des expériences et des perspectives.


Lorsque les femmes participent aux décisions publiques, elles apportent leur propre lecture des réalités sociales et économiques. Elles contribuent à élargir les priorités du débat public et à renforcer la prise en compte des besoins des familles, des enfants, des jeunes, des personnes vulnérables et des communautés


La participation politique des femmes peut donc contribuer à une meilleure conception et à une meilleure mise en œuvre des politiques publiques.


La présence des femmes dans les institutions n’est pas seulement bénéfique aux femmes. Elle est bénéfique à toute la société.


30 % : un objectif, mais surtout un point de départ.


Je voudrais insister sur un point important.


L’objectif de 30 % ne doit pas devenir un plafond.


Il doit constituer un seuil minimal de progression vers une représentation plus équilibrée.


Notre ambition doit être de parvenir, progressivement, à une participation véritablement équitable des femmes et des hommes dans les institutions politiques de notre pays.


Nous devons passer d’une logique de présence symbolique à une logique de participation effective et de pouvoir réel.


Une femme ne doit pas être choisie uniquement pour remplir un quota.


Elle doit être reconnue pour ses compétences, son leadership, son intégrité, sa vision et sa capacité à servir l’intérêt général.


Un appel aux partis politiques.


Aujourd’hui, je lance donc un appel solennel aux dirigeants et responsables des partis politiques haïtiens.


Faisons de la participation des femmes un engagement politique concret.


Identifions les talents féminins.


Formons nos militantes.


Accompagnons nos candidates.


Ouvrons les structures de décision aux femmes.


Créons des mécanismes permettant aux femmes de participer réellement à l’élaboration des programmes politiques et à la définition des priorités nationales.


Et surtout, faisons en sorte que la prochaine étape de notre processus démocratique reflète davantage la diversité réelle de la société haïtienne.


Un appel aux femmes haïtiennes.


Je m’adresse également aux femmes de notre pays.


Votre voix compte. Votre expérience compte. Votre compétence compte. Votre leadership compte.


Ne laissez personne vous convaincre que la politique ne vous appartient pas.


La politique appartient à toutes celles et à tous ceux qui souhaitent contribuer à la construction de leur pays.


Vous avez votre place dans les conseils municipaux, dans les collectivités territoriales, dans les partis politiques, au Parlement, dans les institutions publiques et dans tous les espaces où se prennent les décisions qui façonnent l’avenir de notre nation.


Haïti traverse des défis considérables.


Dans un tel contexte, nous ne pouvons nous permettre d’exclure ou de sous-utiliser la moitié des talents de notre société.


Nous avons besoin de toutes les compétences.


Nous avons besoin de toutes les voix.


Nous avons besoin du leadership des femmes et des hommes.


La démocratie haïtienne doit être une démocratie qui inclut.


Une démocratie qui représente.


Une démocratie qui responsabilise.


Une démocratie qui donne à chaque citoyenne et à chaque citoyen la possibilité de contribuer à la construction de l’État.


C’est pourquoi la participation d’au moins 30 % de femmes au processus électoral doit devenir un engagement collectif.


Le Ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes, les partis politiques, les institutions de l’État, la société civile et les partenaires du développement doivent travailler ensemble pour transformer cet objectif en réalité.


Parce que promouvoir la participation politique des femmes, ce n’est pas seulement défendre les droits des femmes.


C’est défendre la démocratie.


C’est renforcer la gouvernance.


C’est investir dans le développement.


Et c’est préparer une Haïti plus représentative, plus inclusive, plus juste et plus démocratique.


Je vous invite donc FEMMES de mon pays à faire de cet engagement non pas une promesse de plus, mais une responsabilité nationale et une action concrète.


Que les prochaines élections puissent marquer une nouvelle étape dans l’histoire démocratique de notre pays.


Une étape où les femmes ne seront plus seulement appelées à voter, mais seront pleinement présentes là où se décident les orientations et l’avenir d’Haïti.


Sherley Louis


Analyste politique et Formatrice en gouvernance de l’État

 
 
 

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