Mirebalais, un an après l’incursion des gangs : la commune est toujours sous l’emprise
- Joel Agoudou
- il y a 8 heures
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Par Likenton Joseph
Un an s’est écoulé depuis l’assaut des gangs armés de la coalition Viv Ansanm contre la commune de Mirebalais. Ce jour-là, les assaillants ont tué, incendié et vandalisé tout sur leur passage. La ville, autrefois paisible et réputée pour son attrait touristique, est devenue un bastion fragilisé où règne désormais la peur.

Depuis, les gangs ont établi leur quartier général dans la zone, tandis que l’État peine à reprendre le contrôle. De nombreux habitants, contraints à l’exil, se sont réfugiés dans des communes voisines telles que Hinche, Pignon ou Maïssade. Le retour à la normale paraît lointain, malgré les opérations policières menées.
Les autorités étatiques, accusées de silence complice, laissent une population livrée à elle-même. Après douze mois de désarroi, aucune mesure décisive n’a été prise pour rétablir l’ordre. Pendant ce temps, les gangs étendent leur emprise. À Port-au-Prince, plus de 85 % du territoire serait désormais contrôlé par des groupes armés.
À Mirebalais, les malfrats continuent de terroriser les civils et de défier les forces de l’ordre. L’attaque contre la prison civile, qui a permis la libération de plus de 500 détenus, illustre l’ampleur de leur puissance. Les fusillades restent fréquentes, et la commune demeure inaccessible.
Mirebalais abrite l’Hôpital Universitaire de Mirebalais (HUM), considéré comme le plus moderne du pays. Chaque jour, il recevait des centaines de patients venus de tout Haïti. Située à l’intersection de deux axes majeurs – vers la côte nord et vers la République dominicaine –, la ville occupe une position stratégique. Aujourd’hui, l’hôpital est dysfonctionnel, paralysé par l’insécurité.
Malgré la présence de contingents étrangers, notamment kenyans, venus épauler la Police nationale d’Haïti (PNH) et les Forces armées d’Haïti (FAd’H), les résultats tardent à se concrétiser. Les gangs semblent conserver une longueur d’avance, multipliant les attaques dans plusieurs départements.
Dans l’Artibonite, à Jean-Denis, le gang Gran Grif a tué plus de 70 personnes dans la nuit du 28 au 29 mars 2026, incendiant plusieurs maisons. Ces massacres rappellent la fragilité du pays face à une violence généralisée.
La population haïtienne s’interroge : jusqu’à quand devra-t-elle subir ces violences ? Jusqu’à quand les autorités prendront-elles leurs responsabilités ? Jusqu’à quand la sécurité sera-t-elle rétablie sur le territoire national ?
L’arrivée annoncée de la Force de répression des gangs (FRG) nourrit un mince espoir. Elle devrait épauler les forces haïtiennes afin de restaurer l’ordre et créer les conditions nécessaires à l’organisation des élections prévues.
Le Reflet






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