Libération sous condition du directeur de l’immigration et de neuf employés après leur audition
- Joel Agoudou
- 28 mars
- 2 min de lecture
Le directeur de l’Immigration et de l’Émigration, Antoine Jean Simon Fénélon, ainsi que neuf employés interpellés en début de semaine, ont été remis en liberté le vendredi 27 mars 2026. Cette décision est intervenue à l’issue de leur audition au Parquet de Port-au-Prince, après plusieurs jours passés en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire.

Ces interpellations s’inscrivent dans le cadre d’une enquête menée par la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) autour de soupçons de corruption présumée. Les autorités cherchent à faire la lumière sur des irrégularités liées à la gestion administrative au sein des services de l’immigration.
Selon les premiers éléments de l’enquête, le dossier porte sur la délivrance supposée de passeports à des ressortissants étrangers en dehors des procédures réglementaires. Ces pratiques, si elles sont avérées, pourraient constituer une violation grave des normes en vigueur et engager la responsabilité de plusieurs agents.
Après plusieurs heures d’audition, le Commissaire du gouvernement, Me Fritz Patterson Dorval, a décidé d’autoriser les personnes concernées à regagner leurs domiciles. Cette mesure repose notamment sur l’analyse du rapport soumis par les enquêteurs de la DCPJ.
D’après les informations disponibles, ce rapport n’a pas permis d’établir de manière formelle l’implication directe du directeur dans les faits qui lui sont reprochés. Toutefois, les autorités judiciaires se montrent prudentes et entendent poursuivre les investigations afin de déterminer les responsabilités éventuelles.
Malgré leur remise en liberté, Antoine Jean Simon Fénélon et les autres employés concernés demeurent sous le coup d’une interdiction de quitter le territoire national. Cette disposition vise à garantir leur disponibilité pour les besoins de l’enquête en cours.
De son côté, Me Arnel Rémy a vivement critiqué ces arrestations, les jugeant arbitraires et contraires aux principes fondamentaux du droit.
L’avocat estime que ces interpellations traduisent une atteinte aux droits fondamentaux des personnes concernées. Il souligne également que l’exposition médiatique de ces dernières, notamment sur les réseaux sociaux, risque de porter atteinte durablement à leur réputation, même en l’absence de preuves formelles.
Me Rémy appelle à une réforme en profondeur du système judiciaire haïtien. Il rappelle que la liberté de circulation constitue un droit fondamental garanti par les conventions internationales, tout en précisant que les mesures restrictives imposées peuvent être contestées devant les juridictions compétentes.
Le reflet






Commentaires