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Le Conseil de sécurité vient de proroger le mandat de la FRG au 31 mars 2027. Quand deviendrons-nous les dignes héritières et héritiers de l’œuvre de nos aïeux ?

il y a 41 minutes
4 min de lecture

Chers compatriotes,


Jusqu’à quand refuserons-nous d’admettre que rien ne va plus dans notre Patrie ? Quand agirons-nous enfin en fonction de ce constat pour assumer nos responsabilités, en particulier ceux d’entre nous qui, comme moi, font partie des élites ? Pourquoi continuons-nous à patauger dans une irresponsabilité aiguë tout en espérant des lendemains meilleurs ?

Alix Didier Fils-Aimé, Premier ministre improvisé et illégitime, vient de boucler son neuvième périple à l’étranger depuis le 7 février. Il gère le pays en solitaire, sans contrepoids ni contrôle, omettant même d’installer le comité de suivi pourtant prévu par l’accord politique du 23 février dernier.


Pendant que le gouvernement navigue dans l’opacité et que les terroristes continuent de semer le deuil, le secteur privé cherche à l’extérieur des experts pour concevoir son plan de développement. Aussi, le régime en place et certains acteurs économiques s’en remettent à des lobbyistes à Washington pour espérer un sursaut de la part de l’administration américaine. Mais le tragique constat demeure : l’attentisme et la mendicité diplomatique ne font qu’aggraver la misère atroce de notre peuple, que nous abandonnons à une dystopie terrible.


La débandade est totale et les drames se succèdent sans répit. Le 28 septembre, des terroristes ont massacré une dizaine de personnes à Gros-Morne. À Petite Rivière de l’Artibonite, un millier de compatriotes auraient été pris en otage en représailles à l’arrestation de deux complices présumés des gangsters. À Port-au-Prince, la peur, les enlèvements, l’amoncellement des immondices et l’indécence des officiels engoncés dans leurs véhicules luxueux nourrissent un profond désarroi, alors même que l’aéroport international s’apprête à franchir le triste cap des 23 mois de fermeture, le 11 octobre prochain, qui coïncide avec l’arrivée du régime illégitime de Fils-Aimé.


Face à ces gouffres sans perspective, la classe politique locale replonge dans ses pires travers. Wilner Joseph mène campagne au mépris total de la loi, multipliant les déplacements financés dans l’opacité, au moment même où le Conseil électoral provisoire se fend d’un simple communiqué de rappel à l’ordre. Il n’ose pas sanctionner le conseiller du chef tout puissant.


Du côté de l’État, le spectacle affligeant se résume à des réunions stériles avec des partenaires étrangers. La communauté nationale attend une réponse décisive aux brebis égarées qui assiègent le fonctionnement de l’État, qu’ils soient des officiels, des fonctionnaires, des commerçants, ou des gangs armés. Or que nous assistons à une absence totale de politique offensive contre ces criminels après six ans d’impunité totale. Aussi, le gouvernement Fils-Aimé vient de transférer illégalement de 18 inculpés, dont un Haïtien, de l’assassinat du président légitime vers les États-Unis, et ce, en violation manifeste de l’article 41 de la Constitution, notamment son. Une fois de plus, la justice demeure aveugle et sourde, signifiant que l’impunité totale reste la règle.


La question fondamentale demeure : est-ce cela notre stratégie nationale d’attendre indéfiniment le secours de l’étranger ?


Le plus tragique est que le coût exorbitant des contrats léonins concédés à des étrangers — pour la sécurité, le lobbying, les douanes ou de plans d’action farfelus — aurait contribué à améliorer nos infrastructures sanitaires, à construire des écoles, à porter assistance aux victimes de la crise et à équiper nos véritables forces de sécurité pour neutraliser les terroristes. Mais dans ce système, il n’y a ni redevabilité ni attente de résultats : l’argent public sert à complaire aux intérêts privés et extérieurs plutôt qu’à sauver des vies.


Alors que, ce matin, le Conseil de sécurité de l’ONU, par la résolution 2829 (2026), prolonge le mandat de la force de répression des gangs au 3 mars 2027, et que nos dirigeants et leurs propagandistes applaudissent cette mise sous tutelle déguisée comme une grande victoire diplomatique, la question fondamentale demeure : est-ce cela notre stratégie nationale ? D’attendre indéfiniment le secours de l’étranger ?


Dans son propos à la réunion du Conseil de sécurité, Mike Waltz, le représentant des États-Unis d’Amérique, a rappelé que les Haïtiens ont battu Napoléon et résisté à toutes les catastrophes, affirmant que nous serions capables de neutraliser les terroristes avec l’appui international. Quelle honte pour nous ! Utiliser notre glorieux passé comme un viatique pour accepter la mendicité sécuritaire, voilà où nous ont menés nos pseudo-élites.

Chers compatriotes,

Quand cesserons-nous de nous complaire dans les grands discours et l’attentisme stérile ? Quand refuserons-nous de soutenir un régime pléthorique, incapable, corrompu, crisogène et budgétivore, pour enfin concevoir un véritable plan d’action souverain pour notre patrie ?


Nous, les élites, quel est notre rôle si ce n’est d’éclairer la voie et d’orienter les politiques publiques ? La classe politique traditionnelle s’apprête à retourner au pouvoir pour perpétuer le même cycle de capture de l’État. Si nous restons spectateurs, Haïti ne sortira jamais de son coma permanent.


Il est grand temps de passer de la parole aux actes, de cesser de « marronner » et de reprendre le contrôle de notre territoire, de notre culture, de notre histoire et son riche patrimoine, de notre économie, de nos services de base et de notre souveraineté nationale.


Quand deviendrons-nous les dignes héritières et héritiers de l’œuvre de nos aïeux ?

 
 
 

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