Haïti : marche pacifique à Delmas à l’initiative du collectif « Tèt ansanm pou lapè »
- Joel Agoudou
- 4 janv.
- 3 min de lecture
Par Gesnel Moïse
La route de Delmas a vibré, ce samedi 3 janvier 2026, au rythme d’une mobilisation citoyenne d’envergure. À l’appel du collectif « Tèt ansanm pou lapè », une foule composée de figures religieuses, de leaders associatifs et de citoyens engagés a défilé pacifiquement pour dire non à la violence.

Sous le slogan « Nou mande lapè, nou chwazi lavi » (Nous demandons la paix, nous choisissons la vie), les participants ont transformé cette marche en un véritable plaidoyer collectif en faveur de la vie, de la sécurité et de la dignité humaine.

À l’origine de cette initiative citoyenne figurent plusieurs leaders religieux de premier plan, notamment les pasteurs Marcorel Zidor, Gérard Forge, André Muscadin, ainsi que le prophète Marckenson Dorilas. Ensemble, ils ont appelé la population à se rassembler au-delà des clivages religieux, politiques et sociaux afin de défendre le droit fondamental à la paix.

Selon les organisateurs, cette marche constituait à la fois un cri d’alarme contre la violence armée, l’insécurité chronique et l’indifférence généralisée, mais aussi un appel pressant à la conscience nationale et à la responsabilité collective.

Le rassemblement a pris départ à l’église Piscine de Bethesda, à Carradeux, dans la commune de Tabarre. La foule a ensuite emprunté plusieurs axes majeurs, notamment Carrefour Gérald Bataille et Delmas 33, avant de parcourir la route de Delmas pour atteindre Pétion-Ville, point final de la mobilisation.
Dans une ambiance calme, disciplinée et empreinte de solennité, les participants, vêtus majoritairement de blanc, brandissaient pancartes, banderoles, drapeaux et mouchoirs aux couleurs nationales. Tout au long du parcours, des slogans appelant à l’unité nationale, au dialogue et à la fin des violences armées ont résonné dans les rues.
Plusieurs organisations politiques et de la société civile ont pris part à cette initiative, notamment l’Opposition plurielle, le Mouvement pour la Reconstruction et la Réconciliation Nationale (MORN), ainsi que d’autres structures citoyennes venues manifester leur solidarité.
Moment particulièrement marquant de la marche : la participation du secteur vodou, avec la présence du Roi Vodou Augustin Saint-Clou. Ce dernier est sorti sur la place Saint-Pierre de Pétion-Ville pour aller à la rencontre de la marée humaine avançant sur la route de Delmas, un geste hautement symbolique salué par les quatre leaders religieux.
Cette rencontre interreligieuse a été unanimement appréciée comme un signal fort d’unité nationale, démontrant que, face à l’urgence sécuritaire, les différences de croyances peuvent céder la place à une cause commune : la paix.
Arrivés au carrefour de la station de Pétion-Ville, les organisateurs ont réaffirmé leur volonté de tendre la main au-delà des principes religieux ou doctrinaux, afin de construire un front commun pour la paix en Haïti.
Au cœur du message, le Roi Vodou Augustin Saint-Clou a échangé des accolades avec les quatre leaders religieux, un geste fort perçu comme un symbole de réconciliation, de respect mutuel et d’espoir. Il a salué l’initiative et encouragé la poursuite de telles actions unitaires.
Le collectif « Tèt ansanm pou lapè » espère que cette mobilisation marquera le point de départ d’un dialogue national inclusif, capable de redonner espoir à une population éprouvée, mais profondément attachée à la vie.
Cette marée humaine témoigne du niveau d’engagement et du potentiel mobilisateur du secteur religieux dans la quête de la paix. Il convient de souligner qu’il s’agit de la première grande mobilisation citoyenne de l’année 2026, envoyant ainsi un signal fort au pays et à ses dirigeants.
Le Reflet






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