Haïti : l’ANR propose une nouvelle transition politique inclusive jusqu’en 2027
- Joel Agoudou
- 21 déc. 2025
- 2 min de lecture
Face à l’aggravation de la crise sécuritaire, institutionnelle et sociale, l’Alliance nationale de rupture (ANR) plaide pour une transition politique inclusive et souveraine à partir de février 2026, assortie d’un calendrier menant au rétablissement de l’ordre constitutionnel en 2027.

Dans un contexte de crise multidimensionnelle affectant profondément l’État haïtien, l’Alliance nationale de rupture (ANR) a rendu publique, le vendredi 19 décembre 2025, une proposition politique visant l’instauration d’une transition inclusive, structurelle et souveraine à compter du 7 février 2026.

Intitulé « Propositions nationales pour une transition inclusive, structurelle et souveraine », le document se veut une réponse à la dégradation persistante de la situation sécuritaire, à l’effondrement progressif des institutions publiques et aux difficultés socio-économiques chroniques qui minent le pays.
S’appuyant sur la Constitution de 1987, l’Accord du 3 avril 2024 et le décret du 12 avril 2024, l’ANR rappelle que le mandat du Conseil présidentiel de transition arrive à expiration le 7 février 2026. Toute prorogation de cet organe, en l’absence de fondement constitutionnel ou référendaire, constituerait, selon l’Alliance, une rupture manifeste de l’ordre constitutionnel.
Dans son diagnostic, l’ANR dresse un tableau sombre de la situation nationale : affaiblissement généralisé des institutions, insécurité persistante, perte de contrôle de larges portions du territoire, paralysie administrative et absence prolongée d’autorités élues. Autant de facteurs qui, estime-t-elle, justifient la mise en place d’un nouveau cadre de transition.
Sur le plan institutionnel, la proposition prévoit la création d’un Conseil d’État composé de trois membres, dont un juge de la Cour de cassation appelé à en assurer la présidence. Cet organe exercerait l’autorité exécutive de manière collégiale. Un Premier ministre, désigné à l’issue d’un consensus politique et social, serait chargé de la gestion quotidienne de l’administration publique.
Le texte recommande également l’instauration d’un Organe de contrôle indépendant, réunissant notamment des représentants de la Cour supérieure des comptes, du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, des universités publiques et de la diaspora. Cette instance aurait pour mission de veiller à la légalité des actes posés durant la transition, au respect du calendrier établi et à la gestion des fonds publics, avec la publication régulière de rapports.
La feuille de route proposée comprend, entre autres, la révision du Conseil électoral provisoire, l’organisation d’un dialogue national inclusif, l’installation d’une Assemblée constituante, la tenue d’un référendum constitutionnel et l’organisation d’élections générales. L’objectif affiché est le rétablissement complet de l’ordre constitutionnel au plus tard en mai 2027.
L’Alliance nationale de rupture appelle enfin les forces politiques, sociales et universitaires, ainsi que les acteurs non signataires de l’Accord du 3 avril 2024, à s’engager dans des négociations nationales afin de définir une alternative politique crédible à la transition actuellement en cours.
Le Reflet










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