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Haïti face aux défis économiques et monétaires : un premier trimestre de l’exercice fiscale 2025-2026 sous tension

La Banque de la République d’Haïti (BRH) présente son dernier rapport sur la politique monétaire du premier trimestre de l’exercice fiscal 2025-2026 dresse un tableau contrasté de l’économie nationale et internationale. Entre résilience mondiale et fragilités internes, Haïti reste prisonnière d’une crise socio-politique et sécuritaire qui freine toute reprise durable.

En Haïti l’économie a été fragilisée où le pays a enregistré en 2025 sa septième année consécutive de croissance négative. Les effets de l’ouragan Melissa, survenu en octobre 2025, ont aggravé les déficits agricoles et détruit des milliers d’habitations et infrastructures.


À cet effet, après un pic à 31,9 % en septembre 2025, elle a ralenti à 25 % en décembre 2025, puis à 23,5 % en janvier 2026. Par ailleurs, le secteur textile, pilier de l’économie, a vu ses effectifs chuter sous la barre des 25 000 travailleurs.

Avec une insécurité alimentaire aiguë, FEWSNET signale une situation d’urgence (IPC Phase 4) dans plusieurs zones, dont Cité Soleil et Port-au-Prince. Plus de 1,4 million de déplacés internes ont été recensés par l’OIM en octobre 2025.


De plus, un déficit persistant dans les finances publiques. Les recettes fiscales ont progressé de 10,9 % au premier trimestre 2026, mais restent insuffisantes pour couvrir des dépenses budgétaires en forte hausse (+42,4 %).

Résultat : un déficit partiellement financé par des avances de la BRH à hauteur de 2 652,8 MG.


Alors que les exportations sont en baisse de 4,85 % (114,72 M$ US), affectées par la contraction du textile. Les importations sont en hausse de 4,57 % (1,24 Md$ US) avec un déficit commercial élargi à 1,12 Md$ US. De l’autre côté, le transferts de la diaspora est en forte progression (+10,5 %), contribuant à une légère appréciation de la gourde (130,62 HTG pour 1 $ US en décembre 2025).


La BRH a maintenu une orientation prudente : Taux de réserves obligatoires inchangés (40 % en gourdes, 53 % en devises). Taux d’intérêt sur bons BRH reconduits (6 %, 8 %, 11,5 %).

Interventions sur le marché des changes: 129,33 M$ US achetés, renforçant les réserves internationales.

Secteur bancaire: actif en hausse (+2,7 %), mais bénéfices en recul (-15,3 %). Le ratio de prêts improductifs s’est amélioré à 8,77 %, contre 9,98 % au trimestre précédent.


Néanmoins, la reprise économique dépend largement du rétablissement du climat sécuritaire et du renforcement institutionnel. Toutefois, le conflit au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz menacent d’alourdir la facture énergétique mondiale. Pour Haïti, fortement dépendante des importations pétrolières, cela pourrait inverser la tendance désinflationniste observée depuis fin 2025.


In fine, Haïti se trouve à la croisée des chemins. Malgré une inflation soi-disant en recul et une relative stabilité monétaire, les chocs climatiques, la crise sécuritaire et la fragilité institutionnelle continuent de peser lourdement. La prolongation de la loi HOPE/HELP et le maintien du TPS pour les migrants haïtiens aux États-Unis offrent un répit, mais la relance durable reste conditionnée à une stabilisation politique et sécuritaire.


Par ailleurs, selon les projections du FMI publiées en janvier 2026, la croissance mondiale devrait atteindre 3,3 % en 2026, légèrement supérieure aux prévisions d’octobre 2025. Cette amélioration s’explique par la résilience des grandes économies, malgré des tensions géopolitiques et commerciales persistantes. États-Unis: croissance ralentie à 0,7 % au dernier trimestre 2025, contre 4,4 % précédemment, en raison de la paralysie budgétaire et des barrières tarifaires.


Sur le même intervalle considéré, la Zone Euro : progression modérée du PIB (+1,3 %), inflation maîtrisée à 2 %, chômage stable à 6,2 %. S’agissant de la région de l’Amérique latine et Caraïbes : prévision de croissance réduite à 2,3 % en 2026, avec une inflation en hausse en République dominicaine (4,95 % en décembre 2025).

Les prix des produits alimentaires et pétroliers ont reculé, le baril de Brent tombant à 62,54 $ US en décembre 2025.

Likenton Joseph

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