FAIRE FACE À SON PASSÉ : quand les blessures d’hier cessent de dicter l’avenir
Par Joël Agoudou
Il y a des histoires bibliques que l’on connaît depuis longtemps, mais qui prennent une tout autre dimension lorsqu’elles viennent toucher directement à nos réalités. Celle de Joseph en est une.

Dimanche 27 septembre 2026, lors des deux cultes de Rendez-Vous Christ, le pasteur Julio Volcy a placé l’histoire de Joseph au cœur du deuxième message de sa série « Faire face à son passé », consacré aux schémas relationnels.
Joseph était encore jeune lorsque ses propres frères l’ont vendu comme esclave. Arraché à sa famille, il est conduit en Égypte, loin de son père, de sa maison et de tout ce qu’il connaissait. Son histoire aurait pu s’arrêter là, dans cette trahison. Pourtant, elle ne faisait que commencer.
De l’esclavage à la prison, Joseph traverse des années d’épreuves, d’injustice et d’attente. Celui qui avait été rejeté par les siens se retrouve finalement devant Pharaon. Celui qui avait été vendu devient l’un des hommes les plus importants d’Égypte, chargé de préparer le pays à affronter une période de famine.
Mais derrière cette ascension se trouve une question beaucoup plus profonde : que devient un homme lorsque son passé l’a profondément marqué ?
C’est à cet endroit que l’histoire de Joseph rejoint nos propres vies.
Dans son enseignement, Julio Volcy rappelle que nous ne sommes pas façonnés uniquement par nos choix personnels. Nous sommes également influencés par notre famille, notre culture, notre éducation et les modèles relationnels que nous avons connus depuis notre enfance.
Nous apprenons à aimer, à faire confiance, à communiquer, à gérer les conflits et même à nous protéger à partir de ce que nous avons vécu.
Certaines de ces expériences nous construisent. D’autres nous blessent.
Et parfois, sans même nous en rendre compte, nous reproduisons à l’âge adulte des comportements que nous avions pourtant juré de ne jamais reproduire.
Joseph aurait pu laisser la trahison de ses frères devenir le centre de son existence. Il aurait pu consacrer sa vie à la vengeance. Il aurait pu considérer que ceux qui avaient détruit une partie de son passé avaient également détruit son avenir.
Mais son histoire prend une autre direction.
Des années plus tard, ses frères se retrouvent devant lui. Ils ne reconnaissent pas immédiatement celui qu’ils avaient vendu. Joseph, lui, sait parfaitement qui ils sont.
Cette fois, les rapports de force ont changé.
Celui qui avait été impuissant possède désormais le pouvoir. Celui qui avait subi peut désormais décider du sort de ceux qui l’avaient fait souffrir.
Et c’est précisément à cet instant que son passé aurait pu reprendre le contrôle.
Pourtant, Joseph choisit une autre voie.
Dans Genèse 50:20, il dira à ses frères : « Vous aviez projeté de me faire du mal : Dieu l’a changé en bien. »
Joseph ne nie pas ce qui s’est passé. Il ne prétend pas que la trahison n’a jamais existé. Il reconnaît le mal, mais refuse de lui donner le dernier mot.
C’est peut-être l’une des images les plus fortes de cet enseignement : nous pouvons être profondément marqués par notre passé sans être condamnés à lui appartenir.
Faire face à son passé ne signifie donc pas y retourner pour y vivre. Cela signifie avoir le courage de regarder ce qui nous a façonnés, de comprendre certains mécanismes et de décider de ce que nous voulons transmettre à la génération suivante.
La question devient alors simple, mais exigeante : allons-nous transmettre nos blessures ou interrompre leur parcours ?
La série « Faire face à son passé » s’inscrit justement dans cette réflexion. Après « La dette générationnelle », ce deuxième message consacré aux « Schémas relationnels » ouvre la voie vers un troisième enseignement : « La bénédiction générationnelle ».
Trois messages, une même invitation : regarder derrière soi pour mieux comprendre ce qui se passe aujourd’hui et préparer autrement ce qui viendra demain.
Car nous sommes, certes, le produit d’une histoire. Mais nous pouvons aussi devenir le point où cette histoire change de direction.
Joseph n’a pas choisi la fosse. Il n’a pas choisi l’esclavage. Il n’a pas choisi la prison. Mais il a refusé de laisser ces épisodes définir la fin de son histoire.
Il avait été vendu comme esclave. Il est devenu premier ministre.
Et entre la fosse et le palais, il y avait une chose que personne ne pouvait lui retirer : la possibilité de continuer à avancer.
Faire face à son passé, ce n’est donc pas vivre derrière soi. C’est apprendre à regarder hier avec lucidité pour pouvoir marcher vers demain avec liberté.









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