Déploiement de la Force de répression des gangs (FRG) en Haïti : où en sommes-nous ?
- Joel Agoudou
- 21 mars
- 2 min de lecture
Par Likenton Joseph
Prévue pour le mois d’avril prochain, la Force de répression des gangs (FRG) peine à se matérialiser. Sur les 5 500 policiers et soldats annoncés par le Conseil de sécurité de l’ONU en septembre 2025, à peine un millier soit 990 seraient mobilisés. Cette mission doit prendre le relais de la force kenyane, déployée pour soutenir la Police nationale d’Haïti (PNH) dans la lutte contre le grand banditisme dans le pays.

Deux ans après l’arrivée des contingents kenyans, la situation sécuritaire s’est aggravée. Plus de territoires sont contrôlés par les gangs armés, la violence s’intensifie, l’économie s’effondre et l’État reste paralysé. Pendant ce temps, le gouvernement se contente de remaniements partisans, distribuant des postes ministériels sans une réelle stratégie.
La FRG, créée pour une durée initiale d’un an, sera appuyée par un bureau onusien chargé du soutien logistique et opérationnel. Mais l’efficacité de cette nouvelle mission interroge. Depuis 1994, les interventions internationales se succèdent — MINUSTAH, MINUJUSTH, BINUH, entre autres — sans parvenir à instaurer durablement la paix ni l’État de droit.
Présentée comme une lueur d’espoir, la force multinationale d’appui à la sécurité n’a pas répondu aux attentes de la population. Aujourd’hui, Haïti vit sous une violence systémique : meurtres, viols collectifs, enlèvements, rackets et quartiers assiégés. Plus d’un million de personnes ont été déplacées et 5,7 millions souffrent d’insécurité alimentaire aiguë. À Port-au-Prince, près de 85 % du territoire est sous la coupe de gangs lourdement armés.
Après l’échec de la force kenyane, la communauté internationale a voté la transformation de la MMSS en FRG. Pourtant, les effectifs promis tardent à être déployés. Selon des analystes, la guerre au Moyen-Orient détourne l’attention des grandes puissances, reléguant Haïti au second plan.
La question demeure : jusqu’à quand le pays devra-t-il attendre une véritable bouffée d’air ? Pour l’heure, la FRG ne semble pas en mesure de résoudre la crise haïtienne.
Le Reflet






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