Assassinat de Jovenel Moïse : Martine Moïse témoigne au procès de quatre accusés à Miami
- Joel Agoudou
- il y a 60 minutes
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La veuve de l’ancien président haïtien Jovenel Moïse, assassiné en juillet 2021, s’est présentée mardi 10 mars 2026 devant un tribunal fédéral de Miami pour livrer un témoignage poignant. Martine Moïse est apparue comme premier témoin à charge dans le procès de quatre hommes accusés d’avoir participé à la préparation et à l’exécution de l’attaque meurtrière dans la résidence présidentielle de Pèlerin 5, dans les hauteurs de Port-au-Prince. Les accusés sont Arcángel Pretel Ortiz, Antonio Intriago, James Solages et Walter Veintemilla.

Vêtue de noir, Martine Moïse a décrit les événements de cette nuit dramatique, visiblement émue et interrompant son récit à plusieurs reprises. Elle a insisté sur l’attente prolongée de la justice depuis plus de quatre ans, se faisant traduire par un interprète créole devant le jury.
Elle a raconté avoir été réveillée avec son mari par une série de coups de feu dans la nuit du 7 juillet 2021. L’intensité des tirs, selon elle, a provoqué la panique et la confusion au sein de la maison, tandis que ses enfants et l’un des chiens de la famille se réfugiaient dans la salle de bain.
Martine Moïse a précisé qu’elle s’était déplacée à quatre pattes pour s’assurer de la sécurité des enfants avant de retourner dans la chambre principale. Elle a trouvé son mari près du lit, qui lui aurait conseillé de se mettre à l’abri pour éviter les balles perdues. Elle a décrit comment elle s’était couchée sur le sol, essayant de se protéger sous une partie du lit.
Le président Moïse aurait également tenté de joindre plusieurs responsables de la sécurité présidentielle, y compris des membres de la garde rapprochée et de la police nationale. L’audience a été interrompue avant la fin de son témoignage, la séance étant ajournée pour reprendre ce mercredi.
Le procès concerne quatre hommes arrêtés aux États-Unis, soupçonnés d’avoir joué un rôle actif dans la planification et le financement de l’opération. Selon l’accusation, le complot aurait impliqué des réunions en Floride et en Haïti, ainsi que le recrutement d’anciens militaires colombiens pour mener l’assaut sur la résidence présidentielle.
Les procureurs soutiennent que l’objectif des suspects, Arcángel Pretel Ortiz, Antonio Intriago, James Solages et Walter Veintemilla, était de renverser le président afin d’installer un dirigeant favorable à certaines entreprises de sécurité en Haïti. Les avocats de la défense, pour leur part, affirment que leurs clients pensaient simplement procéder à une arrestation légale et qu’ils n’avaient pas l’intention de tuer le président.
L’assassinat de Jovenel Moïse avait provoqué une crise politique majeure en Haïti, aggravant les tensions et l’insécurité dans le pays. Plusieurs personnes ont déjà été arrêtées ou reconnues coupables dans le cadre de l’enquête, tandis que d’autres attendent encore d’être jugées aux États-Unis ou en Haïti.
Le procès devrait durer environ deux mois, avec l’audition de nombreux témoins et la présentation de preuves détaillées. Les autorités américaines espèrent que cette procédure permettra d’établir les responsabilités exactes et d’éclaircir les circonstances entourant la mort du président haïtien.
Le reflet


