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1 343 membres de gangs tués entre décembre 2025 et février 2026, selon le BINUH

Le rapport du Secrétaire général des nations unies au Conseil de sécurité dresse un tableau contrasté de la situation sécuritaire en Haïti . Malgré des avancées politiques et institutionnelles, la violence des gangs et la faiblesse du système judiciaire continuent de menacer la stabilité. Désormais, la réussite de la transition dépendra de la mise en œuvre effective du Pacte national, du renforcement des forces de sécurité et de la tenue d’élections crédibles.

Par ailleurs, malgré certaines avancées, la situation sécuritaire reste dramatique. Entre décembre 2025 et février 2026, 1 343 membres présumés de gangs ont été tués lors d’opérations policières et militaires appuyées par la Force de répression des gangs, et 140 armes à feu saisies. Sur la même période, le BINUH a recensé 2 444 homicides volontaires, soit une hausse de 22,8 % par rapport au trimestre précédent.


Malgré ces opérations, les gangs continuent de commettre des exactions  dont assassinats ciblés, extorsions, violences sexuelles généralisées, traite d’enfants. Fin mars, des attaques coordonnées dans l’Artibonite ont fait des dizaines de morts et provoqué des déplacements massifs.


Le taux d’homicide annuel atteint 76,13 pour 100 000 habitants, l’un des plus élevés des Amériques et du monde. Plus de 90 % des crimes se concentrent dans l’Ouest, l’Artibonite et le Centre. Toutefois, le nombre d’enlèvements a diminué de 38,4 % en 2025, avec 1 268 cas recensés contre 2 058 en 2024.


Parmi les 2 444 victimes d’homicides volontaires recensées au cours du trimestre, figurent 193 femmes, 20 filles et 34 garçons. Selon le rapport, 64 % de ces victimes étaient soupçonnées d’appartenir à des gangs. Les opérations ont également touché des civils  où 158 personnes non affiliées à des gangs ont été tuées et 108 blessées. Le BINUH a comptabilisé 267 victimes d’enlèvements (44 femmes, 9 filles et 14 garçons), contre 264 au trimestre précédent. Les groupes d’autodéfense ont eux aussi perpétré des meurtres, tuant au moins 106 membres présumés de gangs.


En 2025, le BINUH a recensé un total de 9 063 victimes d’homicides (dont 765 femmes, 59 filles et 162 garçons). Parmi elles, 58 % (5 269) étaient des membres présumés de gangs tués lors d’opérations policières, d’affrontements entre gangs ou d’actes commis par des groupes d’autodéfense et des foules spontanées. Certaines victimes ont été agressées parce qu’elles étaient soupçonnées d’appartenir à des gangs, d’avoir commis des délits de droit commun ou même accusées de sorcellerie.


Au moins 36 personnes soupçonnées de coopérer avec la police ont été exécutées par des gangs. Ces derniers ont également ciblé des habitants résistants à l’extorsion et exercé des violences sexuelles généralisées, notamment contre des filles et jeunes femmes. À Kenscoff, entre janvier et le 31 mars, au moins 29 personnes ont été tuées, une autre blessée et 88 habitations incendiées.


Dans le département du Centre, les gangs ont maintenu une présence à Mirebalais et Saut-d’Eau, où une personne a été tuée et neuf autres blessées, tandis que la majorité de la population reste déplacée de force vers des communes voisines.


En somme, entre le 29 et le 31 mars, des attaques coordonnées de grande ampleur ont été menées par des gangs lourdement armés dans les communes de Marchand Dessalines, Montrouis et Petite-Rivière-de-l’Artibonite. Ces assauts nocturnes ont fait des dizaines de morts et de blessés, les victimes étant abattues dans leur cour, devant leur domicile ou dans la rue alors qu’elles tentaient de fuir.



Le Reflet

 
 
 

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